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Urbain – Chapitre Vain

L’amour avec Urbain, c’était du billard. Sa longue queue glissait avec dextérité, tandis que ses boules roulaient sur le tapis à quatre bandes. Ou sur celui à deux trous. Tout dépendait du terrain. Mais dans tous les cas, ça, c’était avant…

Journal intime d’Urbain (26 août 2014) :

« Ça fait un mois maintenant depuis le début de cette Malédiction. Oui, pour moi, cette chose est une Malédiction. Attendez ! Se retrouver un beau matin avec la bite hantée, possédée, par le fantôme de son voisin de palier, vous appelez ça comment sinon ? Bon, s’il me laissait tranquille au-moins, je pourrais peut-être m’y faire, éventuellement m’en arranger de quelque façon que ce soit, mais là… Depuis que l’esprit de ce dépressif suicidaire a élu domicile dans mon gland, mes prouesses sexuelles ne sont plus que lointains souvenirs. Non seulement, j’ai l’impression d’être observé en permanence par un voyeur invisible, mais en outre j’ai perdu le contrôle. Par sa faute, mon pénis semble avoir une vie propre. Il s’érige quand bon lui semble, et tel un serpent enragé bondit hors de sa tanière tout crachant et vociférant. Bon ok, j’euphorisme un brin, j’extra-popol à peine, si je puis dire. Ça aussi c’est nouveau. De m’exprimer ainsi. Faut dire que cet étrange locataire – temporaire j’espère ! – est (était ?) un écrivain. Et je pense, par je ne sais quel procédé démoniaque, avoir hérité de sa prose. Tu parles ! Je m’en serais bien passé, foutre Dieu ! Donc non seulement, Il me parle mais il distille aussi ses pensées en moi, me gouverne même parfois, comme si son esprit avait fusionné avec le mien. Le Docteur Doigt (Justin de son prénom et sexologue de profession), nullement impressionné par mes allégations, m’a expliqué que cela faisait partie du processus de la réincarnation. La réincarnation … Un concept dont je me suis servi à gogo pour les flouer. Qui ? Les Gogos justement.

J’ai toujours été fasciné de voir comment les gens pouvaient être crédules à ce point. Un jour par exemple, j’avais mis en ligne cette petite annonce :

« Mamadou, marabout professionnel, connaît toutes les ficelles du métier, a le don millénaire de père en fils, te rendra ton amour perdu, pratique les désenvoûtements rituels, discute avec tes proches défunts. Répare aussi à distance ton ordinateur en panne (PC ou MAC c’est tout pareil). »

Croyez-le ou non, j’ai eu, entre autre, un client pour un problème sous Windows 8. Et même un autre qui voulait communiquer avec l’esprit de Steve Jobs. Je l’ai facturé double, celui-là !

Donc, la réincarnation, je connaissais comme outil de travail. J’étais loin d’imaginer que j’en serais un jour le dindon de la farce. »

Eh ! Je croyais vraiment que t’étais informaticien !

— Ah, toi, ta gueule !

Arrête de me parler mal, s’il te plaît, je suis tout de même une partie de toi…

— T’es une bite !

Oui mais pas n’importe laquelle. Je suis ta bite, ton membre supérieur de ton corps inférieur, ta terminaison biblique, ton bâton de Dieu, ton astre cosmo-gonadique, ton étoile popolaire située sous ta ceinture céleste…

— Tu sais quoi, mec ?

Quoi ?

— T’es chiant.

Halliennales An2: un bonheur hors du temps

Halliennales

Les Halliennales An2, salon des littératures fantastiques, a été organisé de mains de Maîtres par les fameux eXquisMen ce samedi 12 octobre 2013 à Hallennes-lez-Haubourdin.

A peine franchi la porte du complexe Pierre de Coubertin, je me suis dit, au vu de la déco « Monstrueuse » du couloir d’entrée, que ça allait dépoter sa mère grave. Et je ne fus pas déçu!

A l’instar du premier, ce second opus, sur le thème du Temps, fut un beau et franc succès! Les stands bien décorés de leurs ouvrages, les auteurs souriants et abordables, les costumes magnifiques, les organisateurs (Maxime Gillio, David Boidin, Benjamin Berdeaux) au diapason ont donné toute leur énergie pour faire de cette journée une réussite.

Le Concierge Masqué était présent avec sa clique d’auteurs exquis, tous heureux de se réunir en chair et en os. Sur la photo ci-dessus: Frédéric Schweyer, Nicola Pearson Murray, Maxime Gillio, Delphine Clapiès, Pat Bol, Alain Temple, Michaël Moslonka, ma pomme. Non présents sur la photo: Ayerdhal, Sophie Jomain, David Boidin, Benjamin Berdeaux (derrière l’appareil).

L’un des moments forts du salon fut la faille spatio-temporelle qui s’est ouverte pendant quelques heures, laissant deux célébrissimes écrivains traverser le miroir: Jules Verne et Bram Stoker. Tout simplement magique!

Bram Stoker

Jules Verne

Comme vous l’aurez compris, j’ai tout adoré de ce salon: participer à l’organisation, rencontrer des auteurs de talent, dédicacer pour le public, discutailler avec un éditeur-thanatopracteur en Mousse… Bref,  je ne sais pas pour vous, mais moi, je rempile d’ors-et-déjà pour l’An3!!!

Des liens utiles:

http://www.halliennales.com/lancement-officiel-de-lexquise-nouvelle-saison-3/

http://www.exquismen.com/

Le Concierge Masqué: l’eXquise Nouvelle Saison 3

ImageImage

Alors que je flânais sur les quais de Dunkerque, chemise ouverte laissant apparaître mon bronzage du Nord (façon blanco quoi!), cheveux au vent et sourire ultrabrite, je me réchauffais le regard en zieutant le soleil. (Le Nord est en effet la seule région de France où l’on peut regarder le soleil sans se brûler la rétine…Niark! Niark! Ça, c’est fait.)

Quand je sentis qu’on me tapait sur l’épaule. Un pauvre SDF (pléonasme) était là et me demanda: « Dis, mec, t’as pas 100 balles? C’est pour manger! » Et il joignit le geste à la parole en mimant avec son pouce l’action d’ingurgiter un liquide. Jamais en reste de réparti, surtout quand j’écris, je lui répondis du tac-o-tac (une chance au grattage…): « Non, monsieur, mais j’ai ça! » Et là, je lui montrais le bouquin que j’avais sous le bras et qui me rendait tout heureux d’être vivant en ce bas monde.

-C’est quoi? demanda le pléonasme.

-C’est marqué dessus! répondis-je sans me démonter, sûr de mon coup.

-Les aventures du Concierge Masqué, l’exquise nouvelle saison 3… il lit tout haut. Et que veux-tu que je fasse avec ça?

-Ce livre est magique. Si tu l’ouvres, tu n’auras plus jamais faim ni soif, lui murmurai-je avec un air de conspirateur.

-Sans déc?!

-Si je te le dis! Essaie!

Éjaculateur précoce, ou plutôt dubitatif, le SDF s’éloigna rassasié néanmoins d’un peu de culture.

Et en fait, ce gars, je l’ai revu quelques mois plus tard, par hasard. Il était devenu Concierge. Plus exactement le concierge de mon immeuble. Je loge à Rosendaël, devant la mairie, au-dessus du « Chat crotté ». Je ne l’ai pas reconnu tout de suite. Et pour cause: il était masqué. Un loup qu’il portait, comme Zorro. C’est lui qui m’a interpellé, un balai à la main.

-Holà! C’est vous dis-donc!

-Hein?

-Mais si! Vous êtes le monsieur qui m’a donné ce livre magique. Et il sortit de son cabas l’exemplaire des aventures du Concierge Masqué. Alors je me rappelai de lui. Il avait faim ou soif, je ne sais plus, peut-être les deux, (faudrait que je relise le début de mon texte…).  Ça a marché, votre truc, me dit-il, c’est dingue!

-Comment ça?

-Depuis que je lis ce bouquin, je n’ai plus jamais faim ni soif! Je n’ai même plus besoin de bouffer!

-Vous me faites marcher, hein? lui lançai-je. J’en suis désolé, mais c’était évidemment une blague quand je vous ai raconté ça…

-Mais non! J’vous jure! Et ce n’est pas tout! Grâce à votre livre, à chaque nouvelle que j’ai lue dedans, il m’est arrivé un truc sensas’. Ainsi, après avoir dévoré « Paolo begins », je suis devenu millionnaire en gagnant au tirage du tac-o-tac. Depuis que j’ai terminé « Etre à Elise » j’ai toutes les femmes à mes pieds, même Monica Bellucci a quitté Vincent Cassel pour venir vivre avec moi. Je n’ai plus mauvaise haleine le matin au réveil depuis la lecture du « Con qui s’adore », mes cors au pieds ont disparu après « Coup de balai sur la ville », ma mycose glandulaire aussi, mes hémorroïdes se sont desséchées. J’ai même hérité d’une maison en Belgique après avoir dégusté « Néchin for ever ». J’en passe et des meilleurs!

-Damned! Je le savais que ce livre était génial!!!

Alors, si, comme mon concierge, vous voulez devenir « bankable » à tout niveau, commandez dès à présent votre ouvrage « Les aventures du Concierge Masqué », et puis si vous pouvez, venez le 28 Septembre à Templemars au Salon du polar et le 12 octobre aux Halliennales, salon des littératures fantastiques, où plusieurs exquis (pas peu fier d’en faire partie, purée!) vous dédicaceront votre exemplaire. (Et ainsi, vous n’aurez plus jamais d’hémorroïdes!). 

Les liens:

http://www.concierge-masque.com/en3/commandez-votre-exemplaire-multi-dedicace/

http://www.youtube.com/watch?v=0WjPWYVw2kI

http://www.concierge-masque.com/en3/message-de-nadine-meslet-presidente-de-lapch/

Ps: APCH: Association des Pancréatiques Chroniques Héréditaires dont les bénéfices de l’ouvrage sont intégralement reversés.

eXquisMen: 3. Le Maxou-Pan-Pan

  NICOLAS BULOT AVAIT L’AIR d’avoir récupéré de sa rencontre avec le Benji-Berdeaux aérien. Quoiqu’en regardant bien, il boitait encore légèrement de l’arrière. Ses trente-deux points de suture au fondement étaient cachés sous un protège-coccyx invisible pour les simples téléspectateurs que nous étions, sauf que moi je connaissais déjà le scénario à l’avance, ce qui, convenons-en, aidait indubitablement à écrire cette histoire.

  − Bonjour chers téléspectateurs ! Je suis ravi de vous retrouver pour ce troisième volet consacré aux fameux eXquisMen. Bon, je garde quelques séquelles de notre deuxième numéro. Le Benji-Berdeaux aérien et son sexe de deux mètres de long m’ont bien fait souffrir, mais bon, que voulez-vous, ce sont les risques du métier. Je ne savais pas que ces créatures avaient des tendances sodomites. Comme quoi, cette aventure télévisuelle est en même temps une recherche scientifique, dont j’ai la désagréable impression d’être le cobaye…

  S’adressant au caméraman :

  − Et toi ça va Régis ?

  − Ca va bien.

  − T’étais où quand le Benji-Berdeaux m’a perforé en deux ?

  − Heu… J’étais parti chercher du secours.

  − C’est ça, c’est ça… Tout en filmant ! Comment t’as fait ?

  − … (Régis filme ses pieds, honteux).

 − Mouais. Cadre-moi, Rédj ! Donc aujourd’hui, nous partons à la recherche du Maxou-Pan-Pan. Sa réputation de dandy caustique le précède. Dans les sphères privées, où il sait, tel le caméléon gay, se fondre parmi les groupes de transformistes de tout poil, on le surnomme le dandy-minute car en moins de deux il se met sur son trente et un. Pendant la période de reproduction, il se pare de chemises à franges bariolées. Attention, lui, il mord, contrairement à ses deux copains. Mais seulement si on l’attaque. Il se sert d’une bulle d’ironie comme d’un bouclier, et il lance des vannes salaces mais toujours avec cette classe qui le caractérise. Il sait aussi se gratter les couilles avec une majesté sans égale.

  Je tiquai. Bulot avait-il vraiment dit le mot « couilles » ? Pas possible ! J’avais dû mal entendre. Mais en relisant mon texte plus haut, je me rendis compte que c’était bien le cas.

  Imperturbable, le présentateur continuait son étalage de pseudo-connaissance du Maxou-Pan-Pan.

 − Faisons très attention à ce que l’on dit, car en grand défenseur de la langue française, il ne supporte pas les fautes d’orthographes. D’après la légende, il paraît qu’il aurait dévoré une classe entière d’élèves turbulents qui chahutait dans le coin.

  Bulot mit ses mains en porte-voix et cria, dans la profondeur de la jungle :

  − « Chahutait » se rapportant à « classe entière » et non pas à « élèves turbulents ».

  Puis de nouveau à l’adresse de la caméra :

  − Il vaut mieux préciser, sait-on jamais, des fois que le Maxou-Pan-Pan nous lise en ce moment même. Ne prenons pas le risque d’une confusion orthographique éventuelle. Compris Régis ? Je te connais, alors à partir de maintenant, tu  fermes ta grande gueule pleine d’erreurs de langage, s’il te plaît.

   − Heu… Ok.

  − Ah oui, dernières choses avant de partir à sa recherche : il se nourrit exclusivement de saucisses de Francfort arrosées de Picon-vin blanc. D’ailleurs, comme vous voyez, j’en ai apportées avec moi (Bulot brandit trois saucisses devant la caméra), histoire de l’amadouer. Il est aussi un poil irrité en période d’hémorroïdes. Espérons que ce ne sera pas le cas ce soir. Allez, j’allume ma lampe frontale et nous pénétrons dans cette jungle Dunkerquoise, repaire du Maxou-Pan-Pan. Séquence frisson garantie. Enfonçons-nous dans… l’inextricabilité.

  Régis filma devant lui, éclairant la nuit de sa torche intégrée. Au fur et à mesure que les deux aventuriers progressaient, nous vîmes des créatures bizarres, mal fagotées, à la chevelure hirsute et à la dentition malsaine. Nicolas Bulot, en bon guide qu’il était, commenta :

 − Les créatures que vous apercevez, même si elles sont d’un aspect repoussant, ne sont pas hostiles, pour la plupart. A condition de ne pas trop leur chercher des noises. Les biologistes leur ont donné les noms exotiques de « Chaillos-de-Rosendaël » ou encore « Cracoucas-de-Saint-Pol », de lointains cousins. Les femelles Cracoucas dépourvues de dents de devant peuvent honorer les mâles sans leur rayer le casque. Paraît-il que ça fait des pipes du tonnerre ! Enfin bref, c’était pour l’anecdote, nous ne sommes pas venus pour ça, n’est-ce pas, Régis ? En tout cas, leur présence indique que nous sommes sur le bon chemin…

  Les deux hommes continuèrent leur progression. Grâce à mon écran 3D, j’avais vraiment l’impression de me trouver au cœur de l’action. On les entendait respirer bruyamment sous l’effort qu’ils faisaient tous deux pour avancer. La lampe frontale de Bulot se tourna vers la caméra.

  − Je vais sortir ma carte car nous devons être proche du but maintenant.

  Bulot déplia une carte routière quadrillée à l’échelle 1:100000. Régis vint filmer par-dessus son épaule.

  − Voilà chers téléspectateurs où nous nous trouvons : colonne A… ligne 16… (Il pointa son doigt sur la case A16). C’est ici, dans cette zone touffue et mystérieuse, que nous trouverons le Maxou-Pan-Pan.

  Après quelques minutes d’efforts supplémentaires, ils débouchèrent dans une clairière où trônait fièrement en son centre une maison en pain d’épice. Nicolas Bulot hésita, puis se décida à aller appuyer sur la sonnette. Ce qui déclencha, brisant le silence verdoyant, le refrain d’une chanson bien connue : Tirelipimpon sur le Chihuahua ! Tirelipimpon un coup en l’air un coup en bas !

  Carlos se tut. Bulot recula de deux pas. Régis, en retrait, visait la porte d’entrée. Laquelle s’ouvrit doucement, dans un grincement sinistre du genre : Hiiiiiiiiiiiii ! (Mouais, bon, je sais, j’le fais mal le grincement de porte).

  Et le Maxou-Pan-Pan apparut sur le seuil, fringant et décontracté, ébloui néanmoins par les lumières des deux importuns.

  − Psst ! Nicolas ! Les saucisses ! Donne-lui les saucisses ! chuchota le caméraman.

  Pour une fois que Régis disait un truc sensé. Bulot se dépêcha, brandit les trois saucisses, les déposa aux pieds du Maxou-Pan-Pan, et se recula vite.

  − Heu…lémecs ? voupouvémedirecequevousbranlé ? grommela la créature barbue.

 − Voilà ! Le premier contact avec ce fabuleux animal… C’est assez extraordinaire et même émouvant je dois dire… Regardez-le flairer les saucisses avec prudence, se demandant s’il ne s’agirait pas d’un piège. Il est d’une intelligence rare. Régis, on a failli oublier : donne-moi les bouteilles de Picon-vin blanc ! Vite !

  − C’est que… je les ai bues hier soir avec Lao-Tseu, le bagagiste.

  − Quoi ! Tu te fous de ma gueule !

  Le Maxou-Pan-Pan devenait nerveux. Des saucisses de Francfort sans Picon-vin blanc, nan mais allô quoi ! Même Nabilla aurait ses deux seins qui se dégonfleraient de dépit !

  La Bête rugit et arracha sa chemise (ça, c’était bien dommage par contre).  Et, médusés, nous assistâmes à la transformation du Maxou-Pan-Pan. En quelques secondes, sa physionomie et son corps mutèrent.

 Assis confortablement dans mon fauteuil, je ne pus m’empêcher d’écarquiller les yeux car je reconnus de suite en quel personnage il venait de se métamorphoser.

  En Freddy Mercury.

  Torse nu, portant une cape, un chapeau haut de forme, et un pantalon blanc.

  − It’s a Kind of Magic! se mit-il à entonner d’une voix de stentor.

 Puis soudain, le Maxou-Freddy se rua sur Nicolas Bulot qu’il retourna comme une crêpe. Régis essaya bien de masquer l’objectif de sa caméra, comme le font les enfants quand ils mettent leurs mains devant les yeux mais qu’ils écartent les doigts pour voir quand même, la curiosité étant trop grande.

 Notre présentateur vedette, décidément pas vernis dans cette trilogie, se débattit vainement, mais il ne put se défaire de l’étreinte de la créature. Dans la profondeur de la jungle, nous entendîmes un énorme PAN lorsque le protège-coccyx céda, puis trente-deux petits craquements accompagnés à chaque fois d’un « Arrrrgh ! » nicolabulesque.

 Le Maxou-Freddy émit des mots en français, lesquels, bout à bout, formèrent une phrase tellement bien construite que l’étonnement m’obligea à m’exclamer de la sorte : sa mère la pute ! :

  − Dis donc, Nicolas, entre nous, tu peux bien me dire la vérité, hmmm ?

  Exsangue, Bulot balbutia :

  − Hein…Qu…quelle… vérité ?

  − Tu n’es pas venu ici que pour chasser les eXquisMen, allez, avoue!

  Je ne saurais jamais ce qui se passa dans la caboche de Régis à ce moment-là. Sans doute deux neurones qui firent court-circuit. En tout cas, tout en filmant la scène, on l’entendit s’écrier :

  − Hééééé ! Mais j’ai compris! L’auteur de cette triple farce s’est tout bonnement inspiré de la fameuse histoire de l’ours bleu !!!!

  Ah, Régis, Régis, Régis… Jusque là, je t’aimais bien, tu sais… Tu étais mon François Pignon à moi, mon personnage con comme une bite mais attachant, à qui l’on pardonne tout… Mais là, franchement… Fallait pas…

  − Heu… Fallait pas quoi ? Je ne pige pas…

  Fallait pas citer ma source.

  Le Maxou-PAN posa dans l’herbe le coccyx fracturé de Nicolas Bulot et regarda le caméraman. Régis tressaillit.

  − Attends ! Pourquoi as-tu écrit le Maxou-PAN ? Et non pas le Maxou-Pan-Pan…

  Pourquoi ? Mais mon pauvre Régis ! Parce que le Maxou repasse TOUJOURS pour la deuxième couche !

  Dans l’immensité feuillue, on ne vous entend pas pleurer. Mais on entendit un deuxième PAN dantesque cette nuit-là. Ce qui réveilla tout Dunkerque et ses environs jusqu’à Saint-Folquin.

  Le film se termina ainsi, par de vifs balancements de l’image d’avant en arrière, accompagnés de râles orgasmiques.

 

Epilogue

 

  Nicolas Bulot et son caméraman Régis disparurent cette nuit-là sans jamais être retrouvés vivants. Seul leur film fut découvert un jour par moi-même grâce auquel que je pus vous narrer cette histoire. Dans cette région dense de l’eXquise Jungle qu’on appelait A16, ils s’ajoutèrent à la longue liste des disparus de cette zone maudite, mais une chose est sûre: ils n’eurent plus jamais d’hémorroïdes…

 

FIN de cette eXquise Trilogie

 

(Je remercie ma famille et mes amis, ainsi que mes généreux eXquisMen grâce à qui je me suis franchement bien poilé à écrire cette aventure. Merci aussi à Nicolas Bulot et à sa coiffure de Playmobile. J’espère qu’on te retrouvera un jour, man’ ! Ou pas…).

eXquisMen: 2. Le Benji-Berdeaux aérien

    POUR NOUS, PAUVRES TELESPECTATEURS au bulbe atrophié, quelques minutes s’écoulèrent, le temps d’être abreuvés d’une série de publicités toutes plus mensongères les unes que les autres. Pour Nicolas Bulot, ça lui prit bien deux bonnes semaines avant de cicatriser complètement du rectum. Le Boidinou à poils drus n’y était pas allé de main morte, si on peut appeler « main » le marteau-pilon qui lui servait de sexe. Mais, grâce à la « magie » de la télé, chacun n’y vit que du feu. 

   Après le gingle d’Ouchouaya Nature, la coupe au bol très écolo de Bulot apparut à l’écran.

  − Chers amis, nous voici de retour dans l’eXquise Jungle. Après cette page de publicité, nous allons maintenant tenter d’apercevoir le Benji-Berdeaux aérien. Contrairement à son ami le Boidinou, il vit dans les arbres. Ou plus exactement, ses pieds vivent par terre, mais sa tête, elle, vit dans les hauteurs. Ce qui lui donne une vision aérienne des choses. D’où son qualificatif d’aérien. Il paraîtrait, d’après ce qu’on raconte, qu’il se sert de son membre reproducteur comme d’un bras pour s’accrocher aux arbres. (Clin d’œil de Bulot). Tu ne peux pas faire ça toi, Régis, hein, avec ta petite… « Biip »

   Oui, on entendit distinctement un Bip placé au montage. Cela m’agaça, je ne pus comprendre alors ce qu’avait voulu dire Bulot à son caméraman. Quelle manque de chance, vraiment ! Avec ta petite… ta petite quoi ? Merde ! C’est un coup à gâcher tout le reste de l’émission…

   On entendit Régis grommeler derrière sa Kineuton portative à micro intégré. 

   Et c’est à ce moment-là qu’on l’aperçut, le Benji-Berdeaux en personne, ou du moins une partie de lui, car il ne rentrait pas dans le cadre en entier. On vit son pied géant aux orteils poilus et démesurés. Bulot eut juste le temps de lever la tête vers la cime d’un arbre centenaire qu’il se trouva enroulé par un pénis monstrueux et fut soulevé de terre vers la canopée de chlorophylle.

  Régis réagit aussitôt, rapide comme l’éclair, et, en grand professionnel qu’il était, zooma et ajusta vers les hauteurs. A l’endroit où le Benji-Berdeaux venait d’emporter Nicolas Bulot qui pendait dans le vide.

   Et grâce à ce fabuleux Régis, nous vîmes tout. Il était 22 :50. L’heure où les enfants sont couchés. Heureusement. Car ce fut du very hard, du classé XXX, du brutal, du sanguinaire, de l’éclatement de rondelle, de la dilatation extrême d’œil de bronze, du déchirement de membrane interne, de la fissure qui restera dans les annales. Et des cris stridents de Bulot qui couinait comme un cochon, appelant à l’aide.

   −Régiiiis ! Régiiiiis ! Au sec…Aïeuuuuuuh !

  Je préfère vous passer tous ces détails sordides. Je suis sûr que ça ne vous tente pas d’en connaître davantage sur ce qu’endura Bulot ce soir-là… Si ? Comment ça, Si ? Ce que vous êtes écœurant, pire que moi, dis-donc ! Bon, vous l’aurez voulu :

  Le « Bip », mit sa « Biip », puis re-« Bip », et avec sa grosse « Biiite », il l’enc « Bip » ! jusqu’à la garde. (C’est énervant, hein ?).  C’est ça le service public. On paye une redevance pour avoir le plaisir de se faire censurer. Qu’ « ils » aillent se faire « Bip »er, et bien profond !

  Après une bonne dizaine de minutes, le Benji-Berdeaux reposa délicatement sur l’herbe fraîche le paquet de viande en morceaux qui ressemblait furieusement à Nicolas Bulot, mais avec une bonne dose d’orgueil en moins.

  Et hop ! Encore une page de pub ! En attendant le troisième et dernier volet de l’émission, je réfléchis à cette question :

  « Avec ta petite… ? Avec ta petite quoi ? Bordel ! ».

(à suivre pour le 3° et dernier épisode de cette eXquise trilogie. hihi!)

eXquisMen: 1. Le Boidinou à poils drus

    NICOLAS BULOT APPARUT sur mon téléviseur 3D, après le générique d’Ouchouaya. Il se trouvait dans la pénombre, filmé grâce à une caméra infrarouge. On pouvait distinguer des troncs d’arbres noueux derrière lui. Il chuchotait.

    − Bonjour  à tous ! Nous sommes en pleine jungle eXquisienne, dans une contrée reculée de Mesgropotexquis, et nous allons essayer d’observer les eXquisMen, ces fameuses créatures mythiques, que certains considèrent même comme légendaires. Il n’en est rien, vous pouvez me croire. Ces êtres fabuleux existent bel et bien.

    Le présentateur aventurier-écolo-politicien-raté se déplaça, suivi de près par son caméraman.

   − Là ! On voit une sorte de cabane en rondins. C’est la tanière du Boidinou à poils drus… ou ras, suivant la saison. En effet, l’hiver, il se couvre naturellement d’un duvet de poils épais qui le protège du froid. Et l’été, il mue. Il perd son pelage, laissant apparaître un torse aux muscles saillants, dans l’optique d’exciter la femelle… Enfin, c’est ce qu’on m’a dit, on va aller vérifier ça par nous-mêmes, en direct live, bande de veinards ! Approchons-nous sans faire de bruit…

    Les feuilles crissent sous les pas de Nicolas Bulot. Ce sont des feuilles blanches au format A4, provenant des arbres à écriture, qu’on ne trouve nulle part ailleurs. On entend craquer quelques branches qui sont en fait des crayons de bois.

    − …Quoiqu’il doive dormir à poings fermés. Le Boidinou, comme chacun sait, est réputé pour avoir un sommeil très profond, fait de rêves étranges, durant lesquels il invente des néologismes aux définitions improbables.

    S’adressant en aparté au caméraman :

    − Tu suis Régis ? Fais attention où tu marches, il doit y avoir des déjections un peu partout…

    − Oh merde ! Trop tard ! qu’on entend en arrière plan comme seule réponse du dit-Régis.

    − Voilà ! Nous n’avons jamais été aussi près. Ecoutez ! On entend le bruit de la bête !

    − Rrrrron….Rrrrrrronnnn…RRRzzzzzzz…

    − Oui, il dort ! Par contre, nous allons devoir nous boucher le nez. Une autre caractéristique du Boidinou à poils drus est qu’il émet une odeur particulièrement écoeurante quand il dort pour tenir éloigné d’éventuels prédateurs. Pouah ! Je confirme, ça blaire sa mère ! Heureusebent, j’ai bris une bince à linge pour me boucher les darides. Et toi Régis, tu as ta bince ?

    − Merde ! J’ai oublié chez moi !

    − Ah, c’est ballot ! Comme en blus tu tiens ta cabéra, tu devras souffrir en silence. Bon, on va baintenant essayer de bénétrer dans son andre et le phodographier, chose jabais dendé jusqu’à brésent !

    Délicatement, Bulot ouvrit la porte et entra.

    − Resdes-là, Régis, bour l’insdant ! Je d’appelle dès que la voie est libre…

    Après quelques secondes, on entendit très distinctement un grognement:

    − Hein,vouzèteki ? Tuvavoirunpeusalo !

    Et un remue-ménage genre branle-bas de combat, puis des cris horribles, des « aïïïs », des « noooon, bas ça ! », des « s’il vous blait, je veux rester vierge de ce gôté-là ! ».

    La caméra resta braquée sur la porte tout ce temps. Régis, en bon camarade, avait fait ce qu’on lui avait demandé. Il avait attendu patiemment que Nicolas l’appelle. En vain.

   Après des minutes interminables, le silence se fit de nouveau.

    La porte s’ouvrit doucement.

    La caméra recula, méfiante.

  Et Bulot apparut, livide, sa pince à linge toujours sur le nez, en se tenant le postérieur encore fumant.

    − La voie est libre ?

    − Ta gueule, Régis !

Dans Quel Etat J’erre?

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Mark Turner

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